août
2011
Le béton face au risque sismique

Carte des risques sismiques
RÉGLEMENTATION
À l’heure de l’harmonisation européenne des règles de construction et en particulier celles relatives à la prise en compte du risque parasismique, Cimbéton revient, à travers deux fascicules, sur les règles de mise en œuvre pour les constructions individuelles et collectives en béton dans les zones à risques. L’occasion de présenter la nouvelle réglementation et de revenir sur les atouts du béton.
La volonté d’harmoniser les normes au niveau européen a conduit à l’adoption, le 22 octobre 2010, d’une nouvelle réglementation parasismique, en cohérence avec l’Eurocode 8. L’ancien zonage national de 1985, basé sur une approche statistique, a été revu. La nouvelle carte, fondée sur une approche probabiliste, découpe le territoire en cinq zones de sismicité.
« Si la France n’est pas le pays le plus exposé aux tremblements de terre, ce redécoupage a modifié le paysage national. C’est le cas de départements comme la Vendée ou le Nord pour lesquels le nouveau zonage a fondamentalement changé la donne », souligne Wilfried Pillard, directeur technique de l’UMGO*.
Les communes concernées par les normes parasismiques sont quatre fois plus nombreuses.
Des règles PS 92 à l’Eurocode 8
Au terme de la période transitoire, le 31 octobre 2012, l’Eurocode 8 remplacera les règles parasismiques PS 92. Il redéfinit les règles techniques de conception et de dimensionnement des structures soumises aux séismes et instaure de nouvelles formules tout en conservant les principes de calcul précédents. « Lors des tremblements de terre, les constructions subissent des oscillations horizontales, verticales et de torsion provoquées par les mouvements du sol, explique Patrick Dubois, directeur régional des ventes Nord-Est chez Ciments Calcia. En raison de la vitesse et de la durée des oscillations, les constructions non parasismiques peuvent subir des dommages importants, voire s’effondrer. Les règles de l’Eurocode 8 indiquent le contreventement minimal à assurer en zone sismique. » Les dispositions constructives parasismiques visent quant à elle à prévenir ou retarder la dislocation de la maçonnerie en la confinant par des chaînages verticaux et horizontaux en béton armé.
Le béton, une solution idéale
Le but de la réglementation est d’assurer la protection des vies humaines en cas de séisme, de limiter les dommages aux bâtiments et de garder opérationnelles les structures indispensables à la protection civile. Les deux fascicules publiés par Cimbéton permettent de rappeler que le béton offre un excellent comportement sous l’action sismique. Blocs pleins ou creux, banché ou préfabriqué, « le béton répond parfaitement aux exigences de la construction en zones à risques, précise Patrick Dubois. Il est mécaniquement performant et s’adapte facilement aux dispositions constructives parasismiques ».
Les règles de construction sont par ailleurs connues et parfaitement maîtrisées par tous les professionnels concernés. De plus, les nouvelles normes ne modifient pas de façon notable les caractéristiques et les contraintes de mise en œuvre du matériau (DTU**). « Une structure en voiles de béton ou béton armé est intrinsèquement parasismique », ajoute Patrick Dubois. Des bâtiments de grande hauteur en béton armé confiné peuvent même être réalisés dans des zones à forte sismicité.
* UMGO : Union de la maçonnerie et du gros œuvre.
** DTU : Document technique unifié.
Argumentaire technique
Wilfried Pillard, directeur technique de l’UMGO
« Les règles de construction parasismique viennent compléter les règles traditionnelles et ne remettent pas en cause le fondement de base qu’est la tenue mécanique de l’ouvrage. Pour les entreprises de maçonnerie et de gros œuvre, il n’y a pas de révolution fondamentale au niveau du matériau : le béton conforme à la norme NF EN 206-1 ou les blocs béton du DTU 20.1, pour ne citer que ces deux exemples, sont réputés satisfaire les exigences au niveau des voiles (contreventement) et des planchers (fonction diaphragme). Que l’on soit dans le cas d’ouvrages ne relevant pas de règles simplifiées ou de maisons individuelles, le matériau béton possède déjà tout l’argumentaire technique pour trouver naturellement sa place avec un retour d’expérience important (DTU entre autres). »












