octobre
2010
Les travaux routiers en baisse au 1er semestre 2010
Malgré un certain attentisme des pouvoirs publics et des collectivités territoriales, les professionnels de la construction routière s’engagent dans le sens du Grenelle de l’environnement.
L’année 2009, qui s’était achevée avec une baisse de l’activité en volume de l’ordre de 6 %, a été caractérisée par une forte baisse du marché privé, la bonne tenue des marchés publics et l’absence de grands projets, à l’exception de la réalisation des autoroutes A65 et A89. Elle avait été aussi marquée par une déflation des coûts et une baisse des prix de vente.
Le carnet de commandes à fin mai 2010 est supérieur de 2,8 % par rapport à celui enregistré à fin mai 2009. Toutefois, les situations sont très contrastées d’une région à l’autre et au sein d’une même région. Les régions rurales sont pratiquement toutes en situation très difficile. L’incertitude financière dans laquelle se tiennent les conseils généraux quant à leurs finances entraîne des remises en cause de leurs soutiens traditionnels aux communes. Dans des régions où les villes peuvent tirer l’activité par leurs aménagements ou les projets de transports collectifs (tramway), la situation est aussi contrastée. Les élus territoriaux arguent souvent des incertitudes liées à la réforme des finances locales (dont celle de la taxe professionnelle).
Ces six derniers mois, nous avons constaté un certain attentisme des communes et des intercommunalités et une forte baisse des investissements et des budgets d’entretien des conseils généraux. Certaines régions perçoivent un très léger frémissement pour le marché privé, notamment chez les distributeurs. Mais cela reste très localisé. Pour l’année 2010, nous prévoyons une baisse de l’activité en volume comprise entre 4 et 5 %.
La consommation des matières premières, que ce soit le ciment, les granulats ou encore le bitume, suivra bien évidemment cette évolution. Nous observons une mobilisation importante des principaux acteurs de la conception, réalisation et maintenance des infrastructures routières, voirie et espace public urbain autour des déclinaisons locales de la Convention d’engagement volontaire signée le 25 mars 2009 dans le cadre du Grenelle de l’environnement.
Les entreprises de terrassement et de construction routière sont convaincues que le Grenelle de l’environnement constitue pour elles un défi maîtrisé autant qu’un formidable moteur d’innovation. Elles se sont notamment engagées à réduire de 33 % leurs émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2020, à réemployer ou valoriser 100 % des matériaux géologiques naturels excavés sur les chantiers de terrassement, à réduire de 50 % leur consommation d’eau et à préserver la biodiversité et les milieux naturels. Dans le même temps, la profession a demandé à l’État de renforcer sa politique d’innovation routière en assurant des expérimentations sur chantiers et de prévoir systématiquement, dès 2010, dans ses appels d’offres de marchés de travaux, la possibilité de variantes permettant le réemploi des matériaux, leur recyclage ou la valorisation de déchets.
La plupart des collectivités locales mettent en valeur le recours au recyclage, en place ou en installation industrielle. Le recyclage en place concerne bien évidemment les agrégats d’enrobés ou fraisats, mais nous encourageons aussi le retraitement en place des chaussées ainsi que le traitement des sols aux liants hydrauliques, techniques qui permettent de préserver les ressources naturelles.
Christine Leroy
Directrice des affaires techniques de l’USIRF*.
*USIRF : Union des syndicats de l’industrie routière française.
Résultats de l’enquête USIRF de mai 2010
L’enquête mensuelle réalisée par la profession révèle que le chiffre d’affaires de mai 2010 est supérieur de 2 % à celui de mai 2009, mais que le chiffre d’affaires cumulé pour la même période est inférieur de 2,6 %. Rappelons que le premier trimestre 2010 a été marqué par de très nombreuses intempéries.











