janvier
2011

Économie marché

La reprise en 2011

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2010 verra la fin de la récession et 2011 la reprise de l’investissement construction.

En 2008, la crise financière la plus importante de l’après-guerre provoquait une récession mondiale en 2009 avec des effets différents selon les pays. Tandis que les pays émergents subissaient une inflexion de leur taux de croissance en 2009, puis un rattrapage en 2010 (+ 10 % pour l’Amérique du Sud, + 20 % pour l’Inde et + 30 % pour la Chine par rapport à 2007), le faible rebond de 2010 n’a pas permis aux pays développés de retrouver leur niveau d’activité d’avant la crise.

En France, la récession macroéconomique due à la crise financière internationale aura duré un an, du 2e trimestre 2008 au 1er trimestre 2009. Elle sera suivie, pendant plusieurs années, d’une période de faible croissance liée en partie à la réduction des déficits publics. Pour contenir ces derniers, un taux de croissance inférieur à celui prévu dans la loi de finance de 2011 pourrait nécessiter des réductions supplémentaires d’investissement, notamment dans le secteur des travaux publics.

Dans le secteur des matériaux de construction, la récession a eu lieu du 2e trimestre 2008 au 1er trimestre 2010. D’une durée totale inférieure aux récessions précédentes, celle-ci a été de forte intensité. En termes de consommation de ciment, la baisse a atteint les – 20 % en France (- 15 % en Belgique, – 45 % aux États-Unis et – 57 % en Espagne).

Des conditions favorables pour l’immobilier résidentiel

Grâce à une diminution continue des taux d’intérêt et à une demande d’accession à la propriété importante, le marché immobilier résidentiel n’a pas subi de fortes baisses de prix, contrairement aux récessions précédentes. Le prix moyen du logement reste élevé comparé aux revenus et, depuis 2000, la solvabilité des ménages a baissé de 20 % à 30 % suivant les régions. Dans un contexte de placements financiers incertains et d’inquiétude sur le niveau des retraites, le « meilleur placement » semble être l’acquisition de sa résidence principale. Moins de 60 % des ménages sont propriétaires de leur habitation.

Les actions menées par le gouvernement visent donc à augmenter le nombre de propriétaires en s’adressant aux primo-accédants. Mais une remontée des taux d’intérêt provoquerait une baisse de la solvabilité et donc des transactions. Ce risque est théoriquement reporté au-delà de 2011.

Le succès du plan de soutien à la construction, initié en 2009 par le gouvernement, a permis de réduire les stocks des promoteurs pour les ramener à un niveau normal. Cependant, l’insuffisance momentanée de l’offre a provoqué une augmentation des prix (+ 7 %).

Perspectives pour 2011 : la reprise de la croissance pour la construction

Après 2 ou 3 années de baisse, 2011 devrait être l’année de reprise de la construction et des matériaux de gros œuvre en particulier. La diminution progressive des avantages de la loi Scellier et l’orientation vers les bâtiments de basse consommation énergétique (BBC), plus onéreux que les bâtiments classiques (+ 15 %), pèseront sur son développement. Néanmoins, la baisse du chômage devrait rassurer les futurs acquéreurs.

Sur le secteur du bâtiment neuf, les permis sont orientés à la hausse et devraient provoquer une augmentation de la demande en ciment. Pour le logement neuf, cela devrait se traduire progressivement dans l’activité et les carnets de commande. Dans le non-résidentiel neuf, les points bas ont été atteints pour l’agricole et le privé, alors que le secteur public reste soumis aux contraintes budgétaires.

Les travaux publics sont en cours de stabilisation, après une forte baisse intervenue suite aux élections municipales de mars 2008. En conclusion, l’ensemble de ces données permet de prévoir, en 2011, la fin de la récession commencée courant 2008 et le début de la reprise de l’investissement construction.